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Un jour à la fois
Nouvelles d'une famille pas complètement comme les autres. Etre différents n'empêche pas d'avoir un regard sur tout.


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La violence on ne la voit jamais venir

Ou bien on la voit, mais on se dit toujours que ce n'est pas ça, que ce ne peut pas être ça. Cela s'appellera ensuite de mots plus ou moins compliqués, plus ou moins évidents, bon sang mais c'est bien sûr, de mots qui feront de nouveau plus jolis que les émotions sales et incompréhensibles qui auront brouillé la vue et les décisions à prendre, et qui auront rendu inaudibles les moindres tentatives de parler, de dire le vécu.

Quand pourtant le discours peut se faire jour, il lui arrive le sort commun du commentaire, du jugement, pas nécessairement négatif ou culpabilisant, mais parfois condescendant, souvent minimisant s'il se veut dédramatisant, c'est une sorte de jeu inégal, parler sans émotion et tout de suite c'est du théâtre, parler dans le feu de l'action et c'est de la bouillie pour les chats.

Je ne l'ai pas vue venir la violence bien sûr. Pourquoi serais-je différente de quiconque à ce point ? Je ne fais que tenter sans y parvenir de reprendre le récit pour partager quand je continue déjà moi-même à être incapable de m'en parler et d'y voir clair. Le violent, il ne se présente pas à vous avec une grande bannière en travers du visage, avec un visage carnassier de méchant et un message qui clignote "je suis un enfoiré de sa race et je vais te faire très mal". Le violent, le méchant, il a un beau visage, comme tout le monde - ou presque ? - et c'est ce visage qui vous plaît, comme il plaira à tous ceux à qui vous essayerez peut-être un jour de dire qu'il vous fait du mal et qui vous répondront peut-être "mais non ! tu te fais des idées !" ou bien qui vous berceront de bonnes paroles pour ne pas entendre l'inaudible.

Parfois, c'est l'inverse, c'est quelqu'un qui s'écrie, qui se révolte pour vous, qui s'étonne que vous supportiez une attitude, qui s'exclame qu'à votre place jamais il n'autoriserait une telle chose, mais vous regardez incrédule cet autre qui n'est pas vous, peut-être avec une pointe d'envie pour ce qu'il est, et ce qu'il dit, et ce qu'il vous fait entrevoir de force de caractère, ou au contraire, c'est plus probable, vous balayez mentalement cette pensée, et attribuez à cet autre un caractère de cochon vous parant en contraste de vertus de patience et de compréhension que lui n'aurait bien entendu pas, puisqu'il n'est visiblement pas capable de supporter des petits travers. C'est vous qui avez opéré la dédramatisation minimisante, le déni et découragé le moindre sursaut de prise de conscience avant qu'il ne soit trop tard.

La violence est une opération de longue haleine, de sape, de grignotage. Il n'y a pas un petit peu de violence et plus rien. Si une termite s'installe dans du bois non traité, elle ne restera pas toute seule, mais vous ne saurez pas que vous hébergez une colonie avant qu'il n'y ait de dégâts apparents ou audibles. Et quand vous les constatez, ce n'est pas en espérant qu'elles déménageront d'elles-mêmes ou mourront de leur belle mort que le problème sera réglé. Mais il ne s'agit pas de termites ! il s'agit de quelqu'un avec un beau visage, et avec qui vous avez entretenu déjà tant de relations, et surtout qui vous a pris dans une toile complexe qui fait partie de la violence elle-même, et à laquelle vous avez consenti, participé, ajouté et contribué.

Lorsque Noémie m'avait regardée avec horreur parce que je racontais avec humour à la table de la cafétéria que jamais il ne toucherait l'eau de vaisselle, vous comprenez, ses doigts, ses doigts sacrés, ne peuvent pas toucher l'eau, cela lui est insupportable, et je comprends ça très bien, cela ramollit la peau, ou bien les sensations tactiles, l'hypersensibilité, ça ne se discute pas, ça s'accepte, et si je peux moi, de mon amour béat, compenser les petits handicaps dans la vie, je savais bien, je savais pertinemment que Noémie avait raison, que son exclamation était normale, et que c'était moi qui ne l'étais pas.

Mais franchement, vous quitteriez un homme parce qu'il refuse de faire la vaisselle, vous ? Rien que de l'écrire, je me revoie face à Noémie, face à Farida qui aussi qui avait mis son homme au pilori pendant des semaines, et je ne comprenais pas pourquoi elle était si dure avec lui, ce qu'il lui avait fait, je la trouvais bien ferme et rigide, et je me taisais préférant donner une image paisible de femme amoureuse et comblée. Si je prenais mes signaux à l'extérieur, je les repeignais immédiatement des couleurs des contes de fées de mon enfance, et si je les prenais à l'intérieur, je les entendais immédiatement distordus par les messages bruyants qui me rappelaient que je ne savais certainement pas interpréter ce que je ressentais, que ce n'était tout simplement pas possible, parce que "mais non ! allons voyons, je sais pour toi, tu ne sais rien, tu ne vaux rien, tu as tout faux".

Le violent se nourrit de ces messages-là comme la termite se nourrit du bois non traité. Les bois ont la même apparence au départ, rien ne les distingue, mais le traitement ou son absence, en l'occurence ici, l'estime de soi, en voilà un joli mot qui fait tout une différence, va dessiner le destin de l'édifice. Le violent grignote et prospère, s'il s'attaque à du bois traité, il ne peut plus rien, il meurt, il n'existe pas. Mais ce n'est pas une termite, vous ne pouvez décemment pas le traiter comme un insecte nuisible, cela n'entre pas dans vos valeurs, vous êtes un âtre accueillant, pas un produit chimique corrosif !

Jusqu'à ce que vous ne soyez plus qu'un champ de ruines regardé par les passants avec commisération et frissons rétrospectifs d'horreur et de compassion pour ce qui vous est arrivé. 

   

Posté: 15h25, 18/11/2006 dans Boites de Pandore
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Les fils de Rachel

Onze novembre, jour de l'hommage aux vétérans aux Etats-Unis, jour de la commémoration de l'armistice de la "Grande Guerre", celle que j'préfère rappelait l'ami Georges, une guerre qui doit sembler bien lointaine et vague dans l'esprit des plus jeunes, et qui m'a toujours tellement fait frémir, pas uniquement parce que j'ai été une fanatique d'Adèle Blanc-Sec, mais surtout parce que j'entends ma grand-mère me reparler de ses frères, trois d'entre eux qui y sont morts.

Je ne peux même pas commencer à imaginer la douleur de cette mère, mon arrière-grand-mère Rachel, dont je vois le regard voilé sur l'une des photos que je connais d'elle, digne à côté de son époux, le Colonel de l'Armée Française, qui a envoyé fièrement tous ses fils à la guerre, et dont seuls deux en sont revenus.

Et aujourd'hui, je repense à eux, ces hommes si jeunes de moins de trente ans, Maurice, mort au champ d'honneur trois mois après le début du conflit, Léon le bel avocat socialiste, tué en 1915, et Paul, le 9 novembre 1918, deux jours avant l'armistice, quelques jours avant que sa grande soeur allait accoucher de son second fils, mon oncle, qui porterait alors son nom et transmettrait sa mémoire et la tristesse de sa mère jusqu'à moi. 

   

Posté: 11h10, 11/11/2006 dans Boites de Pandore
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Ecrire avant de se faire licencier

Encore un blogueur célèbre qui se fait licencier. Max a été le premier à se faire connaître, anonyme pourfendeur de son lieu de travail par le biais de son blogue, puis la publication de son journal. Il a fini par se faire licencier début novembre.

Je suis épatée de constater que ces blogueurs, certes de talent, trouvent le temps d'utiliser celui de leur emploi pour raconter leur vie. Bien sûr, tous ceux qui ont un emploi qui les passionnent, n'auront pas ce loisir de se détourner de ce qu'ils font, ou doivent faire, pour le narrer par le menu en plus ou moins direct, et par conséquent, l'image qui est disponible du monde du travail, devient faussée, inégalement en faveur d'un univers mesquin.

Lorsque j'ai été mise au placard, il  y a de cela des siècles, dans une autre vie, à la suite d'une fusion de deux très grandes entreprises, fusion ayant rendu le service des transports internationaux auquel j'appartenais redondant et superfétatoire, je me suis certes ennuyée comme un rat mort, avec toute la tension insupportable d'avoir à pointer au bureau, sans savoir même si j'aurais ne serait-ce qu'une table, une chaise - inutile d'espérer avoir le moindre dossier, il n'y en avait guère plus, et je m'inventais chaque jour des tâches qui m'occupaient à peine quelques heures. Il m'arrivait fréquemment d'aller cuver ma dépression à l'infirmerie où je dormais tranquillement et légalement.

Internet n'existait pas encore - en fait, si, il existait déjà, mais réservé encore aux applications militaires, et c'était à peine si on avait du traitement de texte disponible. J'avais bien un ordinateur, mais chez moi, pas au bureau, et les archives de mes compositions journalistiques sont en cinq pouces un quart, enterrées quelque part dans un sous-sol de banlieue auquel je ne risque plus jamais d'avoir accès. Pourtant, j'ai dû en écrire pour évacuer de ce stress négatif qui m'a rongée pendant des mois et des mois avant le licenciement économique finalement salvateur.

Au moins, je suis sûre que je n'ai pas été licenciée pour avoir volé le temps de mon patron. Et celui-ci m'a volé de belles heures de ma carrière. Quel gâchis ! 

   

Posté: 14h10, 9/11/2006 dans Boites de Pandore
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Elle est à toi cette chanson

Georges Brassens, je le chantais à tue-tête, le connaissais par coeur et aujourd'hui, mes enfants ne le connaissent pas. Dommage ! Il me manque bien le guitariste moustachu qui chantait à peine juste, mais si bien.

Site officiel de Georges Brassens

Réécouter sa voix et tout le reste

   

Posté: 13h52, 29/10/2006 dans Boites de Pandore
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Tandis que je rangeais

Cette pochette contenant mes porte-monnaie et porte-cartes, ceux que j'utilise quand je vais en France déclenche les larmes, la boule dans la gorge, un surplus d'émotion pas nécessairement agréable. Facile d'expliquer que c'est la nostalgie de mon pays qui m'envahit alors. Mais expliquer c'est une chose, surmonter, c'en est une autre. A quoi ça sert que toutes ces émotions surgissent systématiquement pour m'empêcher d'aller de l'avant, continuellement, encore et toujours ? Pourquoi ne pas m'en débarrasser, et comment, surtout, m'en débarrasser ?

Que fait-on des émotions ?

J'ai mis un petit papier dans la pochette, avant de la remettre à sa place.

Sur le petit papier il y a écrit : "nostalgie : tout ce que je n'ai pas vécu".


Et puis j'ai crû que c'était bon. Mais en réalité, je n'ai rien pu faire de plus de "productif" de la journée, je me suis retrouvée de nouveau prisonnière de mes pensées, et pour les chasser, je les ai remplacées par des pensées "productives", des pensées de pensée, des mots écrits et lus, des mots entendus suscitant des réflexions. Bref, je me suis mise à carburer pour éteindre le feu de mes émotions. Car lorsque l'on pense, il n'y plus d'émotions, il n'y a plus aucun mouvement, l'âme est mise en retrait, et seul l'esprit fonctionne, plus ou moins utilement, plus ou moins activement. 

   

Posté: 12h37, 13/10/2006 dans Boites de Pandore
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Exil

Lorsqu'arrive cette saison, j'ai toujours une pointe de pincement au coeur. C'est facile de dire que c'est la beauté foudroyante des paysages de l'été indien dans ce pays proche de la Nouvelle-Angleterre. Mais ce n'est pas seulement l'extase esthétique qui me serre le coeur.

Je me revois alors, bébé sur la hanche, lorsque le froid un peu mordant du matin ensoleillé m'avait surprise. Je me souviens du chatouillement de ce pull dont j'ai dû me défaire depuis, l'angora n'était pas la matière préférée de mon aîné, avant même que je sache combien les textures, les matières et les odeurs allaient prendre de l'importance dans tous mes choix.

Poursuivant son rêve,  mon mari m'avait aveuglée de faste et de confort. L'auberge était un rêve avec sa suite confortable, sa petite cuisine individuelle, dont on n'a pas dû se servir, la télévision avec les films classiques (avais-je eu le temps d'en regarder un entier ?) et puis l'immense salle-à-manger, où une fois de plus j'allais me retrouver seule, quand j'aurais aimé y parader en épouse comblée, pour le petit déjeuner copieux. J'avais bavardé avec une jeune femme, entrepreneuse chic, en voyage d'affaires, tout aussi décalée que moi puisqu'elle arrivait d'Afrique du Sud. Elle m'avait donné sa carte de visite, mais je ne me souviens plus de ce qu'elle vendait.

Je me rappelle de la visite des Baursh, pendant le week-end. Le vendredi soir, il avait fallu négocier pour que je sois autorisée à allumer les bougies de chabbat, je craignais qu'elles ne déclenchent la sonnerie des détecteurs de fumée, l'hôtesse nous avait fort aimablement autorisés à utiliser des lampes tempête, c'était un allumage bien spécial. Eric et Miranda nous avaient rejoints le samedi en début d'après-midi, ils arrivaient de Washington, et eux, n'avaient pas les moyens somptueux du prince de céans pour se loger à l'auberge, avaient opté pour le motel de la ville, de l'autre côté, tandis que nous profitions avec snobisme de l'Etat voisin.

Les souvenirs, c'est comme des vignettes, et ensuite tout dépend de comment on les décrit, on les rapporte. Parfois la simple évocation est une trahison sans nom, l'image reste, mais prend une autre dimension, et ce qu'elle laisse, c'est un goût différent, dont on n'aurait pas voulu.

Pas un seul instant, je n'ai songé à tout ce que j'allais abandonner, probablement pour toujours. Pas un seul instant, je n'ai imaginé qu'il y aurait un avant, puis un après. J'étais dans l'ici et maintenant, et j'étais abasourdie. J'avais tendance à penser que j'étais dans un rêve, à ne pas prendre garde à tout ce que mes émotions signifiaient au futur, et par rapport au passé. Rien n'était prévisible et pourtant je savais déjà que ce n'était pas une bonne idée, que ce n'était pas pour moi. Je n'appartenais pas à cet endroit, il m'éblouissait mais ne m'accueillait pas.

Quand j'ai vu l'arbre, j'ai eu un choc. J'avais déjà vu cet arbre, tout seul au milieu d'une grande prairie. C'était l'arbre sous lequel j'allais me réfugier dans la méditation de relaxation, celle qui se produit en pensée, en passant par les différentes couleurs de l'arc-en-ciel, l'arbre était là pour le vert, pour la visualisation de la sérénité, un lieu intime et de détente, où seule la nature et la faune bruissent et répandent une atmostphère de repos et d'éternité.

J'ai décidé que parce que l'arbre était là, c'était un signe d'invitation. Je n'ai pas songé que ce tableau était commun, que j'aurais pu retrouver mon arbre comme prévu en Dordogne, ou bien qu'il était planté encore ailleurs, et commençait à grandir sans que je le sache. Celui-ci était déjà bien fatigué, il ne donnerait plus que quelques saisons de pommes immangeables de toutes manières, jusqu'à ce qu'il faille l'abattre avant que la foudre ne s'en charge.

   

Posté: 12h11, 10/10/2006 dans Boites de Pandore
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Ranger, classer, respirer

"Je crois que je comprends ce que peut apporter le rangement, le fait de mettre des choses en ordre, chronologiquement, c'est très utile en fait..." a écrit Samantdi, à l'occasion du déménagement de sa mère qu'elle aide.


Lorsque je regarde autour de moi et que je soupire - non pas d'aise mais de désespoir - devant l'accumulation de désordre, je sais ô combien ce qu'apporte le rangement. J'ai longtemps - il y a très longtemps - été maîtresse en la matière, avec des boîtes savamment ordonnées, étiquetées par ordre chronologique, dans lesquelles je savais exactement ce qui s'y trouvait.

Etait-ce parce que les années ne s'étaient pas encore additionnées aux années ? ou bien les catégories pas encore démultipliées par les centres d'intérêt ? C'était une seconde nature, je classais, sans effort et par plaisir. Y retrouver mes affaires n'était plus alors qu'un jeu, non plus d'enfant, mais de maniaque de l'ordre.

Je me revois assise par terre, au milieu de chemises de cartons, avec un feutre marker, traçant élégamment le titre et y plaçant avec dextérité les différents documents sans hésiter. Les années ont passé, les enfants sont arrivés, mais la corrélation entre la désorganisation et les soins qui leur ont été dûs n'est pas si évidente que ça. Bien sûr, toute nouvelle maman sait combien la révolution est intervenue brutalement dans sa vie avec l'arrivée de la maternité, révolution inouïe, impensable, inimaginable à l'avance.

Mais ce n'est pas la seule chose qui a joué en l'occurence.

Dès mes années de mariage - sans enfant pour commencer - j'ai senti un glissement s'insinuer dans mes rouages huilés de bureaucrate domestique. Le contrôle m'échappait au fur et à mesure que j'investissais émotionnellement dans une relation abusive. Je rationnalisais tant que je ne pouvais plus voir aucune logique dans ma vie, et c'était mes catégories de papier qui me faisaient des appels désespérés de l'oeil pour me signaler ce dysfonctionnement. Qui aurait écouté des chemises de papier ? des chemises bulle et des titres de dossiers ? qui aurait prêté attention à des bouts inertes et sans valeur comme sirènes d'alarme d'une situation hautement explosive ?

Lorsque j'ai migré vers une nouvelle contrée, les papiers bien rangés ne m'ont pas tous suivie. Certaines boîtes ont été entreposées, et le choix de celles qui resteraient qui chez les parents de l'une, qui chez les parents de l'autre, ne me semble plus avoir répondu à des critères valables. Ainsi, la boîte qui comprenait toute la correspondance amoureuse, toutes les lettres que j'ai quotidiennement envoyées à un amant qui ne vivait pas à mes côtés même lorsqu'il est devenu mon "co-locataire" à titre gratuit, puis mon futur mari, a totalement disparu de la circulation.

J'ai confiance qu'elle n'a jamais été entreposée chez mes parents, car elle n'aurait jamais été égarée. J'ai des doutes que je l'aurais abandonnée dans ma belle-famille, car pourquoi aurais-je aimé prendre le risque que mes lettres enflammées soient lues par des gens qui m'ont toujours jugée à l'aune de leurs visions tyranniques et péremptoires ? J'ai de sombres doutes que la boîte a été détruite par celui qui un jour décida qu'il n'aurait jamais dû me rencontrer car j'étais la source de tous ses malheurs, comme auparavant sa famille l'avait été, et comme il trouvera sans aucun problème quelqu'un d'autre à méjuger pour les années à venir et éviter ainsi d'avoir à prendre la responsabilité de ses choix de vie.

Je comprends que la tentation a dû être forte : une boîte soigneusement classée, étiquetée, marquant clairement une période de vie unique. En la détruisant, peut-on détruire ce qui a existé ?

Bien sûr, j'en garde la nostalgie. Si elle était toujours là, quelque part enfouie dans le désordre que j'ai créé pour masquer sa disparition  - c'est moi qui interprète à fond les manettes, sur ce coup-là - est-ce que de m'y replonger permettrait de faire le deuil de cette relation amoureuse qui n'a pas permis qu'on mûrisse ensemble et s'épanouisse dans ce que je traçais peut-être d'espoir par écrit alors ?

Je n'en ai plus les traces, comme une oeuvre effacée par la guerre, et reconstruire des souvenirs sur les décombres dans le désordre est décidément bien difficile. 

   

Posté: 14h49, 30/9/2006 dans Boites de Pandore
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Mots d'enfants

Ces mots sont tirés du livre de Nanette Newman, "God Bless Love", publié en 1972, qui a compilé les mots écrits et les dessins d'enfants de moins de douze ans, venant de tous milieux sociaux, religions ou niveau d'éducation. Derrière l'innocence de leurs réflexions, il y a des choses parfois terribles qui serrent le coeur à en faire pleurer de tristesse, et pas seulement des jolis mots fleuris qui font sourire de tendresse.

Ce n'est pas tant que les adultes ne donnent pas assez la parole aux enfants, c'est qu'ils ne savent pas entendre ce qu'ils ont à dire quand ils nous font une leçon étonnante de lucidité et d'honnêteté.

Des extraits, au hasard pur :

True love is when something has died and you still remember it like my hamster.
Bobby aged 6

Sometimes when theres lots of wars they ration love.
Tessa aged 8

Mummy went away even though I loved her.
Michael aged 6

You must take care of Love - if you don't it goes bad.
James aged 5

Its a pity you have to fall in love with boys because they allways pinch you.
Beryl aged 7

L'orthographe (et la graphie non reproduite ici) est respectée. Traduction rapide pour les non-anglophones :

Le véritable amour, c'est quand quelquechose est mort et que vous vous le rappelez comme pour mon hamster.

Parfois quand il y a plein de guerres ils rationnent l'amour.

Maman est partie même si je l'aimais.

Vous devez prendre soin de l'amour sinon il tourne ( = devient mauvais, comme du lait tourné).

C'est dommage qu'on doive tomber amoureuse des garçons parce qu'ils nous pincent toujours.

   

Posté: 12h36, 20/9/2006 dans Boites de Pandore
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Rétablir l'ordre intérieur

L'accumulation et l'incapacité de jeter sont des phénomènes douloureux. Pour celui qui ne partage pas ce désordre, c'est incompréhensible, et difficilement explicable.

Parfois ne pas pouvoir jeter des vieux objets, ou des choses tellement insignifiantes, sans aucune valeur en apparence, cependant est simplement une manière de gérer l'anxiété. Accumuler est une forme obsessionnelle d'un trouble intérieur. L'incapacité à prendre des décisions. Le souci de perfection. La peur de perdre une partie de soi.

Lorsque je dois jeter un contenant, par exemple la boîte d'emballage d'un appareil électronique, je suis prise d'une panique incompréhensible. Plutôt que de surmonter cette panique inexplicable, je garde l'emballage en question, avec la rationalisation qu'il me sera très utile lorsque je devrai déménager. Que cela se soit avéré exact lors de chacun de mes déménagements est un puissant renforçateur du comportement en question.

Quoi de plus inutile  - et encombrant - que l'emballage vide d'un appareil électroménager, d'un appareil électronique, d'un bibelot plus ou moins fragile. A quoi bon conserver les boîtes des ordinateurs, quand l'espace qu'elles occupent pourrait être mis à profit pour ranger tout ce qui traîne partout dans la maison, faute de place dans les placards ou sur les étagères du garage ?

Rien que d'imaginer que les commentateurs éventuels de cette prose pourraient me mettre au défi de jeter définitivement tous ces emballages prouvés inutiles, alors que je n'envisage nullement le moindre déménagement proche étant donné que j'ai acheté notre appartement actuel il y a tout juste un an, me met dans une transe inquiète, et un vague sentiment de malaise que j'aimerais bien chasser. Je me calme en me disant que je n'ai aucune raison d'écouter quiconque et qu'après tout ce n'est les oignons de personne si je nage dans le boxif le plus complet à cause de mes accumulations même étiquetées maladives.

Au final, je me retrouve avec des placards bourrés jusqu'à la gueule, dans lesquels je ne vais jamais rien rechercher : ils ne sont que des contenants hébergeant peut-être des choses dont je me servirais si je pouvais y accéder, ou si je savais qu'elles étaient accessibles, mais ce n'est pas le cas : ce dont je me sers est dehors, par terre, quelque part dans le désordre qui a fini très vite par s'installer.

Le désordre ambiant chez moi est donc un signe hautement indicatif du niveau d'anxiété dans lequel je nage. Et comme le fait de ranger, implique de pratiquer l'exercice de jeter un maximum de ce qui est à jeter, manoeuvre génératrice d'angoisse et de tension comme je viens de tenter de l'expliquer, autant dire que le cercle vicieux est complet. Toutes les stratégies rationnelles  - et archi connues de toute personne aussi obsessionnelle et organisée que moi - sont littéralement vouées à l'échec : une seule solution, que la tension et l'angoisse disparaissent, et que je retrouve un état de détente mentale suffisant pour me remettre à fonctionner "normalement".

Ce billet m'a été inspiré par la lecture de celui de Samantdi de Vie Commune. Le sujet est tout à fait d'actualité pour moi, et très loin d'être traité ici. Rien que d'arriver à l'avoir publié va s'avérer une prouesse.



p.s. : j'ai parlé ici des boîtes d'emballage, mais c'est pour ne prendre qu'un seul exemple et ne pas me lancer dans une énumération, qui serait nécessairement sélective, par conséquent source d'insatisfaction anxiogène - puisqu'imparfaitement indicative de la réalité que j'aurais aimé décrire.

   

Posté: 09h33, 6/8/2006 dans Boites de Pandore
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Invite

Elle marchait sans vraiment avoir de but, pourtant sa démarche était équilibrée quand on la voyait de dos. De face elle se tenait légèrement penchée vers l'avant, les épaules sensiblement voutées, comme pour se fondre en elle-même. Elle ne semblait pas vouloir se faire remarquer, quand tout en elle criait à être vue.

Elle portait quelques bijoux argentés, une bague sertie d'une pierre de tigre, des boucles d'oreilles finement ciselées qui pendaient le long de l'ovale de ses joues. Elle ne souriait pas, cherchait à éviter les regards des passants nombreux qu'elle croisait. Elle sentait des présences trop insistantes, mais elle continuait son chemin, s'arrêter signifiait l'invite.

Elle avait fini par pousser la très lourde porte, et enjambé le portail mal jointif sur les grosses pierres de la rue. Elle traversait le hall dans une pénombre fraîche et débouchait dans un jardin de la cour intérieure, avec un pauvre frêne qui poussait entre les pavés, malingre mais courageux.

Il me manque tout son récit intermédiaire, comment a-t-elle rencontré celui chez qui elle va de la sorte, que lui a-t-il dit pour qu'elle le suive si volontiers, que lui a-t-elle trouvé qui lui plaise au point de lui devoir autant à ses yeux. Je ne sais pas comment il s'appelle, je ne sais pas à quoi il ressemble, elle n'a parlé que de cette charmante cour dans un Quartier Latin inconnu, tout intérieur, si étrange et étranger. Elle n'a gardé dans son récit que le grand lit à la tête de hêtre, les draps douteux défaits, l'édredon au pied du lit sur le plancher large et vernis, patiné par le temps, et la lumière douce qui filtrait par les hautes fenêtres de l'atelier.

   

Posté: 14h02, 23/7/2006 dans Boites de Pandore
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Blogguir ou bossir il faut choisir

Un procès aux prudhommes pour licenciement abusif d'une Petite Anglaise à Paris, licenciée pour "faute grave" en avril dernier, et révélé au grand public ces jours-ci à la suite d'un article du Daily Telegraph et d'une interview sur Five Line fait rapidement dériver ma concentration quotidienne vers le temps lointain et révolu où je travaillais, moi aussi, dans la Grande Entreprise, celle où la machine à café, la cafétaria, la photocopieuse, la remise aux fournitures et la bibliothèque étaient les lieux de tous les dangers, à l'heure où les bloggues n'étaient même pas encore une lueur dans l'oeil égrillard du préposé au telex...

C'était sans doute là que les employés et le "petit personnel" étaient sans cesse le plus tentés de violer l'éthique professionnelle, d'abuser du temps (mort) de travail, ou de sombrer dans le péché du vol d'ôte-agrafe pour garnir le tiroir de la cuisine (on a toujours besoin d'un ôte-agrafe chez soi).

Maintenant que le seul temps que je vole m'appartient, j'arrive difficilement à imaginer comment les employés de l'entreprise actuelle s'en sortent pour inclure les heures de surf et de rédaction dans leurs pauses-café... ou alors elles ont bien augmenté ces pauses. Mais surtout, j'imagine que bien des employeurs ignorent tout de la vitesse à laquelle les technologies ont fait évoluer la notion d'organisation du travail et au travail.

J'essaye d'imaginer à quel point on doit s'ennuyer dans un travail de dactylographie qui, lorsqu'il me prenait l'après-midi entière à l'époque des stencils, est effectué en dix-huit minutes chrono avec l'automatisation d'un processeur de texte et la sauvegarde automatique. Je me demande bien ce que font aujourd'hui les "petites mains" que j'étais dans les années quatre-vingt... heureusement qu'il y a leurs blogues pour que je me régale de leurs pensées !




La dépêche en français pour ceux qui ne lisent pas du tout l'anglais :

PARIS, July 18, 2006 (AFP)

Une secrétaire britannique, licenciée pour avoir tenu, sous le pseudonyme “La Petite Anglaise”, un blog racontant sa vie quotidienne à Paris, a saisi les prud’hommes.

Catherine, employée par la société britannique de comptabilité Dixon Wilson, a tenu pendant deux ans un journal décrivant sa vie de mère célibataire à Paris, évoquant ses rencontres et son travail.

Mais en avril, elle a été licenciée. Son site www.petiteanglaise.com , visité par jusqu’à 3.000 internautes par jour, a reçu depuis de nombreux messages de sympathie.

“Dans la lettre de licenciement, ils ont dit que j’avais nui à l’image de la société, mais je ne l’ai jamais citée, ni les noms des personnes avec qui je travaillais”, a-t-elle dit à l’AFP, même si elle évoque sur son blog son patron “très vieille école”, qui porte des bretelles.

Parmi ses anecdotes, elle raconte aussi avoir, involontairement, laissé voir un décolleté plongeant lors d’une vidéo-conférence.

Ses employeurs ont également découvert qu’à deux reprises elle avait invoqué des problèmes de garde d’enfants pour prendre l’après-midi et lui ont reproché d’avoir tenu son blog pendant ses heures de travail.

Catherine, qui refuse de donner son nom de famille, estime que ces motifs ne justifient pas un licenciement.

hs/mtd/abm/sh 

   

Posté: 14h25, 19/7/2006 dans Boites de Pandore
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Antienne

La journée avait été très chaude, c'était vendredi soir, j'étais restée la majeure partie de l'après-midi confortablement installée dans le salon des parents à regarder Monsieur Ziti gambader.

Il était passées vingt heures, et je le sortais du bain, mais cette sensation d'être trempée ne venait pas de ses éclaboussures pour sûr. Le deuxième, on est toujours mieux parée, surtout quand le premier est encore tout récent : si je dégoulinais c'est que je venais bel et bien de perdre les eaux.

Le temps de sécher mon bonhomme et de le mettre en pyjama, de prévenir mon mari qu'il est temps d'aller à l'hôpital, et d'appeler de nouveau mes parents qu'ils viennent se charger du Ziti. Maman répond : ils sont à table. "A-t-on le temps de prendre le dessert, ma chérie ?", oui, bien sûr, mais ne tardez pas trop quand même.

Il fait encore jour quand les grands-parents arrivent, le Ziti a l'air tout content de ce changement de programme qui va lui permettre de voir la Tour Eiffel, sa grande chérie après sa Grannie. Je préviens ma mère discrètement pour ne pas trop affoler le mari que j'en suis à une contraction toutes les deux/trois minutes : je n'ai pas envie qu'il roule comme un fou pour traverser tout Paris. Personne ne se presse, mais on file quand même.

La traversée de la place de la Bastille se fait sans encombre, je redoutais un peu qu'elle soit impraticable en raison des préparatifs des bals de dimanche soir. On arrive et il fait maintenant nuit, les couloirs sont bien déserts, il n'y a même personne à la réception. Je patiente quelques minutes, mais finis par envoyer l'homme afin qu'il me rabatte une infirmière et qu'on m'admette en salle de travail, à moins qu'on ne veuille récupérer tout ce petit monde à naître dans les couloirs, au rythme où j'en suis. Une aide-soignante finit par se pointer, et nonchalante me propose d'aller en quête d'une sage-femme.

Je la préviens gentiment que je dois être correctement dilatée, mais mon grand sourire et mon air placide ne me rendent décidément pas crédible, une bonne vingtaine de minutes s'écoulent avant que finalement la sage-femme de garde, en s'excusant, ne m'invite dans la salle d'examen.

Pas le temps de poser un monitoring, elle confirme que je suis à quatre de dilatation, et s'étonne de mon calme. Vive l'homéopathie, lui avouai-je, sans trop le claironner, il y en a qui grincent des dents quand j'en parle, mais ça m'est bien égal. Elle me dirige vers la salle de travail, le temps passe assez vite finalement, puisqu'il doit être près de onze heures du soir, quand je signale à mon mari que le travail bat son plein. Il s'intéresse au monitoring, il faut dire qu'il en avait été privé pour son aîné, puisque celui-la était né pendant qu'il était retourné dormir du sommeil du juste à qui on a dit que sa femme n'accoucherait pas avant vingt-quatre/quarante-huit heures, messieurs n'écoutez jamais ce genre de prédictions fantaisistes...

Je finis par lui dire qu'il ferait mieux d'aller rechercher la sage-femme, qui était repartie pensant sans doute en avoir le temps. Mais je sais que je suis en train d'accoucher, scrogneugneu, et lui qui me demande timidement si je suis bien sûre ? si ce n'est pas une envie d'aller aux toilettes des fois ? je grimace et lui intime d'aller la chercher, il s'exécute tout de même, les voici qui reviennent, et la jeune femme s'exclame "oups, le bébé est là, poussez madame", je me marre, je crie un bon coup, à la une, à la deux et à la trois, voilà Monsieur Zebu, comme une lettre à la poste !

Bon anniversaire mon Zebu, c'était il y a neuf ans, à quelques heures près. 

   

Posté: 14h53, 11/7/2006 dans Boites de Pandore
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Combat déloyal

Vacances... scolaires. Elles ont commencé vendredi soir dernier. Le temps des bilans, des bulletins de notes et des réflexions "je n'ai pas vu l'année passer !". Le temps de ranger les affaires de l'année écoulée et de se préparer à la suivante.

Les deux semaines de battement pour Monsieur Ziti avant qu'il reprenne l'école pour l'été vont lui permettre de prendre un joli hâle ambre et peut-être accepter d'apprendre un peu à nager, si le temps nous en laisse le loisir. J'espère que l'eau de la piscine va vite se réchauffer.

Son bulletin à lui est toujours un peu spécial, peu de personnes peuvent savourer comme je le fais les deux petites lettres codant ses progrès. Les seules lettres qu'on ne veut pas voir sont celles qui signalent qu'un programme a été mis en suspens ou carrément abandonné : cette année, aucun d'entre eux n'a subi ce triste sort, et mon Ziti a fait des progrès significatifs dans tous ses programmes.

On ne peut pas en dire autant de sa mère, qui malgré les promesses qu'elle s'était faites de tenir à jour sa paperasserie pour alimenter au moins le site et les communications sur les dits programmes, a laissé le bon grain se faire envahir par l'ivraie du désordre, et s'installer un véritable champ de bataille où la feuille noircie a pour l'instant le dessus, tant qu'un général de valeur ne viendra pas mettre bon ordre... et à la poubelle tout ce qui devrait y être.

   

Posté: 15h16, 27/6/2006 dans Boites de Pandore
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On ne se moque pas

Parmi les bons conseils de lutte contre l'envahissement des intérieurs, celui de vider régulièrement sa corbeille figure en bonne place. Sous-entendu, traitez votre courrier au fur et à mesure, débarrassez-vous tout de suite du junk-mail (les pubs, catalogues et autres propositions commerciales qui nous pourrissent la vie en détruisant notamment la forêt amazonienne), ayez un système de classement efficace et ne conservez que ce qui est vraiment essentiel (qui finalement n'est pas tant que ça en volume).

Autant dire tout de suite, faites surtout ce que je dis et non pas ce que je fais, sinon, rapidement à côté de chez vous, l'éruption du Mont Merapi sera de la gnognotte.



Il y a toujours pire ailleurs, si ça peut vous consoler :



Cette photo montre l'accumulation de canettes vides de bière retrouvées chez un résident de l'Utah (et d'autres photos ont circulé et sont disponibles à votre vue épatée ainsi que l'histoire complète - en anglais). Un système de tunnels lui permettait d'accéder aux espaces vitaux, mais malheureusement les photos ont été prises après un début de forage qui a sans doute fait s'écrouler les édifices certainement très organisés de ce monsieur.

Remarque, l'état de certaines boîtes de réception de courriers électroniques ressemble certainement pas mal à cette accumulation incroyable. Soyez honnêtes : combien y a-t-il d'emails de conservés sur votre disque dur ? Quand je dis conservés, je veux dire temporairement, pas de ceux que vous avez sciemment sauvegardés pour une raison ou une autre ? 
   

Posté: 15h56, 10/6/2006 dans Boites de Pandore
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Doigts de fée Carabosse

Madame Ollivier ne m'aimait pas. C'était clair et net. Je le lui rendais bien. J'ai dû la subir de la sixième à la troisième incluses. Elle n'aimait pas que j'aie les ongles noirs, elle n'aimait visiblement pas mes tresses qui se défaisaient, ou les mèches folles qui ne tenaient jamais dans les barettes. Elle n'aimait pas que je fasse négligée et me le faisait savoir. Elle n'aimait surtout pas le travail de souillon que j'arrivais péniblement à produire. Madame Ollivier était notre prof de travaux manuels, j'étais maudite du premier jour que la croisai.

Elle s'évertuait à me torturer avec des ourlets et des percales qui entre mes doigts devenaient invariablement de traviole et grisâtres. Je me rappelerai toujours cette petite jupe blanche prise dans le biais, que jamais je n'ai pu porter de toutes manières, m'étant sans aucun doute dépêchée de forcir pour ne pas avoir à l'enfiler. Car qui disait "travaux manuels" voulait en réalité dire "couture", et même pas broderie ou tricot. Non, seulement ce à quoi mes doigts malhabiles refusaient désespérément de se plier, et n'ont jamais pu depuis malgré toutes les tentatives, avec la meilleure des volontés.

Elle avait également tenté de diversifier son enseignement barbare et honni, une année, en nous infligeant l'apprentissage des styles du mobilier. J'en garde une sainte horreur pour tout style Empire, ou Louis machinchose, et mon goût en ameublement est très limité. Ne me demandez pas de faire de la décoration d'intérieur, malgré la fascination que j'éprouve pour les reportages photos des magazines consacrés aux belles maisons et jolis jardins des gens doués.

J'avais réussi à me venger un jour en introduisant subrepticement dans sa classe, probablement une année de quatrième, avec la complicité ravie de deux ou trois mauvaises élèves, un lot de petites souris blanches que nous avions prélevé à notre laboratoire de Sciences Nat. J'étais une assidue des sciences naturelles, un de mes cours préférés, avec le projet de devenir moi-même prof de sciences-nat, jusqu'au jour où je pris conscience qu'il me faudrait me résoudre à décérébrer des grenouilles tous les ans, là où j'avais eu du mal à le faire ne serait-ce qu'une seule fois, me faisant porter pâle ce jour-là, et renonçant par là-même définitivement à un avenir dans l'enseignement.

La détestation réciproque de Madame Ollivier me poursuivra toute ma vie. Je suis restée à ce jour totalement incapable du moindre travail manuel un tant soit peu artistique et le regrette cruellement. 
   

Posté: 14h05, 8/6/2006 dans Boites de Pandore
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Pannes d'essence

C'était en fin janvier ou bien début février plutôt, du côté de Gap - Barcelonnette, ou peut être plus en aval encore. En tous cas, c'était la pleine nuit, nous avions roulé sans doute d'une traite depuis Rueil-Malmaison en banlieue parisienne, et étions certainement partis après le travail.

J'avais l'oeil rivé sur la jauge qui avait indiqué depuis de trop nombreux kilomètres qu'on était désormais sur la réserve, ça fait combien une réserve de 4L ? Alain prétendait beaucoup plus qu'on ne pouvait l'imaginer, et il semblait avoir raison, mais les petites routes de montagne, désespérément désertes ne me rassuraient décidément pas.

Je ne me souviens pas du nom de la petite ville qu'on traversait alors, vous pensez, si je vous parle d'une 4L, je vous parle donc du temps de Mathusalem, non ? Pourtant, je revois la pente qui me semblait éclairée de réverbères, je revois cette lumière orangée et un bitume lisse et non pavé. Et je jouais avec le point mort autant que possible, évitant le frein et l'accélérateur dans toute la mesure possible de la sécurité, on n'était pas trop chargés. Ma petite 4L se mit à tousser lamentablement, je passai alors en roue libre quand le moteur s'est arrêté, et la brave petite voiture a descendu gentiment la côte pour finir par s'arrêter... devant la seule et unique station-service ouverte la nuit dans tout le département.

"Tu vois ? me dit en riant Alain, ce n'était pas la peine de se faire tant de mouron".


L'autre fois, c'était aussi l'hiver, plutôt début janvier cette fois-ci, un dimanche, j'en suis sûre, et je n'avais plus ma 4L, mais la petite R5 dorée. On était partis chercher une gazinière en Normandie, un cadeau de récupération. Mon passager la destinait à son installation nouvelle dans son appartement du kibboutz de la rue de Meaux. Qu'est-ce que j'avais dans la tête ? Ce n'est pas aux filles de faire le coup de la panne pourtant...

On avait chargé la gazinière sans aucun problème, c'est fou ce qu'une R5 3 portes peut contenir (avait-elle vraiment trois portes ? voilà que je me creuse la mémoire pour essayer de me rappeler maintenant), mais j'avais délibérément ignoré la pompe avant de sortir de l'autoroute, me promettant de le faire au retour, et tout occupée à mon bavardage avantageux. J'avais le coeur au chaud et les joues bien roses. Le temps était très couvert, on n'écoute pas nécessairement la météo quand on est amoureux.

La petite voiture a vaillamment franchi une douzaine de kilomètres sur le retour, mais la pompe elle, se trouvait à une bonne vingtaine. Et l'autoroute, elle, n'était pas en pente dans la plaine de Normandie... Nous voilà sur la bande d'arrêt d'urgence et Michel se fait gentiment emmener par un bon samaritain jusqu'à la station-service tandis que je l'attends, à peu près au chaud dans la voiture.

Je trouve le temps long toute seule sur l'autoroute, surtout qu'il a commencé à neiger, et que les flocons tombent de plus en plus drûs. Au bout d'un certain temps on ne voit plus très loin. Bien entendu, de l'autre côté de l'autoroute, Michel n'apercevra pratiquement pas la voiture quand il se fera déposer, bidon à la main, pour traverser les quatre voies et venir nous réapprovisionner. Je ne saurai jamais s'il s'en souvient aussi bien que moi de cette aventure. Il faudra un jour que je le lui demande.


En tous cas, je n'ai plus jamais refait le coup.

   

Posté: 13h49, 19/5/2006 dans Boites de Pandore
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La suite donc

...du billet de l'autre jour...

Toujours est-il que me voilà chez le Docteur Machine-Bidule, à moins que c'ait été Bidulette-Machin. Un vendredi. A Versailles. Pas du tout mon quartier, j'habitais dans Paris, prendre l'autoroute pour aller chez un médecin n'était pas trop dans mes habitudes, même si depuis mon hospitalisation j'avais commencé à pas mal voyager de ci et de là en France, au gré des internements divers.


En tous cas, c'est sûrement pour le trajet que je me rappelle de l'endroit de ce rendez-vous. Je revois la ville de Versailles, les tâtonnements pour ne pas me perdre et pour trouver finalement la petite rue à pavillons verdoyants dans laquelle se trouvait la clinique. Je crois même que je me suis trompée de bâtiment pour commencer, je revois des bribes de cette rue, et moi dans ma vieille R5 dorée, et pourtant je ne revois pas la clinique elle-même, ni où je me suis garée, ni si il y a eu des escaliers, des secrétaires et des papiers à remplir.

Non, je revois seulement la jeune doctoresse qui est venue vers moi et m'a demandé si je verrais un inconvénient à ce qu'un étudiant assiste à la consultation. Comme je suis toujours d'accord avec ce qu'on me demande, je n'ai pas émis d'objection.

Impossible de revoir à quoi il ressemblait ce jeune homme, peut-être qu'il a cessé d'exister tellement j'étais dans ma propre émotion. La doctoresse était informée de la raison de ma consultation par ma cousine. Je venais donc pour lui montrer mes jambes, et elle allait me dire en quoi consistait l'opération.

Je ne sais pas si j'ai retenu grand-chose d'autre du fait qu'il y aurait d'importantes cicatrices en raison de la masse à retirer, et qu'elles ne devraient pas prendre le soleil. Ou bien m'a-t-elle dit le contraire ? Et puis, je l'entends m'expliquer que surtout je ne dois pas faire de régime parce qu'il 'importe que les cellules soient pleines", et qu'un régime amaigrissant faisant fondre les graisses qui maintiennent les cellules de la cellulite empêcherait une aspiration optimale.

Enfin, tandis qu'elle prépare le document pour l'entente préalable, elle me précise qu'elle ne me facturerait pas l'opération ou bien c'était ses honoraires, bref, je ne me souviens plus exactement, mais toujours est-il qu'il y avait quelque chose qui me serait offert dans l'histoire.

J'allais avoir la parole, si elle me revenait. Il faut dire que je n'étais pas très locace à cette époque, me concentrer suffisamment pour parler et ne pas me mettre à pleurer était toute l'énergie disponible que j'avais depuis ma sortie de maison de repos ou à peu près.  Je trouvai cependant la force d'énoncer que je ne prendrais aucune décision tant que je n'aurais pas parlé à mon médecin-psychiatre traitant à la rentrée de septembre.

Elle me dit que cela lui semblait tout à fait évident, et que je n'aurais qu'à la rappeler alors pour prendre rendez-vous.

Je suis partie avec mon petit papier format demi A4 en main.

Si ça se trouve, il est toujours quelque part dans les papiers que j'ai peut-être gardé dans mon fouillis de cette époque lointaine. Je ne l'ai jamais envoyé à la sécurité sociale. Je ne me souviens même pas avoir discuté longuement avec mon médecin de cette éventuelle opération chirurgicale. Je me souviens seulement de la raison invoquée pour sa prescription telle qu'elle figurait en toutes lettres calligraphiées sur la fameuse demande d'entente préalable :
"membres inférieurs monstrueux".

Je suis restée telle quelle.

Est-ce que je regrette ? Je ne sais pas. Est-ce que je le ferais si c'était à refaire, sans aucun doute pas. J'ai depuis eu l'occasion de lire sur les opérations de chirurgie esthétique, et je me suis persuadée que si à chaque fois qu'une solution radicale de mon apparence m'avait été proposée ou suggérée par quelqu'un (ça m'est arrivé trois fois, et pour trois aspects de mon physique différents !), je l'avais repoussée, c'est que je ne crois absolument pas que cela soit une solution viable justement.

Mais tout de même...
C'est quand même un peu fort de café qu'on m'ait autant disséquée en imagination pour prétendûment régler mes problèmes ! 
   

Posté: 15h34, 26/4/2006 dans Boites de Pandore
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T'as d'belles cuisses, tu sais ?

Il y a des souvenirs qui ne s'en vont pas vraiment, et qui pourtant n'ont rien de bien intéressants. Ils resurgissent du passé, comme s'ils étaient drôlement importants. C'était l'été mais je ne me rappelle pas du temps qu'il faisait, seulement de l'époque, et de l'année, il y a ... dix-neuf ans, même pas un chiffre rond, quelle absence de romantisme.

Ma cousine Sophie m'avait contactée. On n'était plus particulièrement amies depuis nos quatorze ou quinze ans, adolescence révolue depuis déjà longtemps. Elle avait été mariée, eu une fille, divorcé. J'étais toujours célibataire, pas encore au chômage, mais je venais d'être hospitalisée deux mois  et j'étais sortie de maison de convalescence au printemps. Je me traînais à mon travail, avec difficulté et me sevrais petit à petit des médicaments de l'hôpital. J'étais suivie par un psychiatre qui était sans aucun doute en vacances.

J'étais allée chez elle, dans son appartement de Boulogne. C'était la première fois que j'allais chez elle. Je ne revois absolument plus comment était cet appartement, rien de bien frappant, il était comme les appartements que je connaissais sans doute. Sa fille ne vivait pas avec elle, mais était chez son père, ou bien elle était en vacances, je ne me souviens plus. Je ne revois pas de trace d'enfant chez ma cousine, mais elle avait l'autorité d'une mère, sans aucun doute. Elle voulait me parler.

Me parler d'un truc dont je ne me doutais absolument pas. Je ne m'y attendais pas du tout. C'était presque comme un cheveu sur la soupe. Sophie est médecin, mais dans ma tête c'était ma cousine, de quelques mois ma cadette, dont on se moquait parce qu'on la trouvait "gnan-gnan". Par la suite, j'avais appris par la rumeur familiale qu'elle avait eu "des problèmes", sous-entendu qu'elle touchait à la drogue dure, sans plus de précisions, il y avait des sujets assez tabous dans la famille, sexe et drogue n'étant pas des moindres.

Sophie était très jolie. Sa mère était plus jolie que la mienne, et sa fille est également une beauté, je ne peux pas comparer puisque je n'ai que des garçons, et qu'ils sont plutôt réussis. Elle était surtout mince, avec de très jolies jambes. Quand on passait toutes nos vacances ensemble, fillettes, moi j'étais déjà formée, avec des rondeurs que je détestais de toutes mes forces, et elle était complexée d'être plate. A l'époque les petites filles ne portaient pas de haut comme maintenant : si tu n'avais pas de poitrine tu restais une petite fille en culotte de bain. Moi j'avais dû vite troquer les bikinis contre des une-pièces, histoire de camoufler ce qui me pesait tant sous les épaules.

Toutes ces années étaient bien révolues. Jamais je n'avais parlé avec Sophie de ce qui nous était arrivé chacune de notre côté pendant ces années difficiles pour elle, difficiles pour moi : est-ce que Sophie était autant dans le déni à leur propos que moi je l'étais ? Jamais je n'aurais avoué à personne ce que j'avais trafiqué pendant mes dernières années de lycée, mes années universitaires, mes années de salariat, jusqu'à cette "dépression nerveuse" dont la famille avait dû entourer d'autant de murmures gênés le récit qu'elle l'avait fait avec le mystère des "années de drogue" de Sophie... La maladie mentale fait certainement partie des choses honteuses dans une bonne famille comme la nôtre.

Je ne me souviens plus si elle a tourné autour du pot. Je ne pense pas. Elle était du genre à aller droit au but, je ne garde pas mémoire de mille et une précautions oratoires pour aborder le sujet qui l'avait poussée à m'inviter. Est-ce que je m'attendais à quelque chose de particulier ? Sans doute pas. Je n'étais pas très consciente d'être dans ma bulle, et beaucoup de personnes me montraient de la compassion quand bien même je n'étais pas particuièrement proche d'elles.

- "Je vais te dire quel est ton problème", m'annonce Sophie
Avec une telle accroche, je suis plus que tout ouïe.
- Ton problème est un problème d'image. Tu n'es pas bien dans ton corps. C'est pour ça que tu ne vas pas bien.

Que répondre à ça ?

"'J'ai pris rendez-vous pour toi avec le Docteur Machine-Bidule (vous croyez que je me souviens du nom ?) qui opère dans l'hôpital où je suis anesthésiste. Va la voir."

A quelques choses près, c'était à peu près tout du discours qu'elle m'a tenu.

J'étais littéralement sidérée, et qui dit sidérée, dit quasiment hypnotisée : je me suis exécutée. Je suis allée au rendez-vous qui avait été pris pour moi, je crois bien que je n'ai pas protesté une seule seconde, ni même cherché à me défiler pour des questions de disponibilité. Avec le recul, cela me semble bizarre bien sûr.

(A suivre...)
   

Posté: 14h12, 23/4/2006 dans Boites de Pandore
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Je suis venu, calme orphelin

Je suis venu, calme orphelin
Riche de mes seuls yeux tranquilles,
Vers les hommes des grandes villes :
Ils ne m'ont pas trouvé malin.

A vingt ans un trouble nouveau,
Sous le nom d'amoureuses flammes,
M'a fait trouver belles les femmes :
Elles ne m'ont pas trouvé beau.

Bien que sans patrie et sans roi
Et très brave ne l'étant guère,
J'ai voulu mourir à la guerre :
La mort n'a pas voulu de moi.

Suis-je né trop tôt ou trop tard ?
Qu'est-ce que je fais en ce monde ?
Ô vous tous, ma peine est profonde :
Priez pour le pauvre Gaspard.




Paul Verlaine
   

Posté: 14h49, 21/4/2006 dans Boites de Pandore
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Comment décourager une sainte...

Non, je ne parle pas de ma mère, qui est une sainte, ça, c'est sûr, comme toutes les mères, (je suppose)... qui de toutes manières n'a jamais essayé, quoi qu'elle puisse certainement en dire (maman : je t'entends hurler d'ici, attends, je finirai peut-être par t'expliquer ! quoique... si tu hurles, tu ne m'entendras pas... comment ? tu ne hurles pas ? tu pleures ? ah oui. Bon. Ca y est. Je t'ai fait pleurer. Ok. Une fois de plus. Non, je ne dis rien maman. Ok. Oui, maman, oui, tu as essayé. Ok. Je t'ai découragée. Oui, c'est ce que je dis. Tu es une sainte, maman).

Ok.
C'est bon ? je peux reprendre où j'en étais ?

Donc je ne parlais pas de décourager ma mère (puisque c'est fait donc), mais toutes les autres saintes, qui avec amour et patience pourtant s'offriraient à m'apprendre à faire ce que je n'ai jamais réussi à faire.

 

Alors au hasard, et dans le désordre, et surtout, non exhaustif (big, big sigh), voici tout ce que je n'ai jamais réussi à faire, avec aucun espoir d'y parvenir :

  • m'alimenter correctement (ça va de pair sans aucun doute avec l'incapacité suivante)
  • aimer la cuisine
  • faire la cuisine
  • m'habiller correctement (ça va certainement de pair avec les résultats de ce qui précède, quoi que allez savoir)
  • faire des cadeaux (ça a un rapport, mais c'est tiré par les cheveux, et je suis en train de faire une liste, pas une séance de thérapie !)
  • décorer
  • dessiner
  • peindre (tout ça à mettre dans la même catégorie certainement, mais c'est pour allonger la liste et vous faire bien sentir à quel point vous, si vous êtes une sainte, allez être absolument découragée)
  • coudre et tricoter (allez, je suis bonne, je vous le mets en une seule ligne)
  • m'organiser et gérer mon temps (malgré toutes les tentatives, qui rejoignent notamment celles concernant la diététique, je suis incollable sur tous les trucs possibles et imaginables, à tel point, que tenez-vous bien, oui, j'ai fait des formations en tant que formatrice à l'organisation. Parlez-moi de cordonnier mal chaussé...)
  • ...

Bon allez, j'arrête là, d'abord, j'ai dit que ce ne serait certainement jamais une liste exhaustive (j'en suis bien incapable, tiens un truc de plus à ma liste d'incapacités : épuiser un sujet ou compléter une liste), et ensuite parce qu'il est temps que j'aille... heu... songer au dîner ? (oups, je n'ai pas vraiment déjeuné), préparer le retour des monstres ? (c'est dans deux heures et demie, j'ai mille fois le temps de ne rien faire d'ici là, arg), travailler un brin ? ... ça y est je suis découragée... ben oui, quoi, je suis une sainte, moi aussi !
   

Posté: 12h33, 28/3/2006 dans Boites de Pandore
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