Ecrire avant de se faire licencier
Encore un blogueur célèbre qui se fait licencier. Max a été le premier à se faire connaître, anonyme pourfendeur de son lieu de travail par le biais de son blogue, puis la publication de son journal. Il a fini par se faire licencier début novembre.
Je suis épatée de constater que ces blogueurs, certes de talent, trouvent le temps d'utiliser celui de leur emploi pour raconter leur vie. Bien sûr, tous ceux qui ont un emploi qui les passionnent, n'auront pas ce loisir de se détourner de ce qu'ils font, ou doivent faire, pour le narrer par le menu en plus ou moins direct, et par conséquent, l'image qui est disponible du monde du travail, devient faussée, inégalement en faveur d'un univers mesquin.
Lorsque j'ai été mise au placard, il y a de cela des siècles, dans une autre vie, à la suite d'une fusion de deux très grandes entreprises, fusion ayant rendu le service des transports internationaux auquel j'appartenais redondant et superfétatoire, je me suis certes ennuyée comme un rat mort, avec toute la tension insupportable d'avoir à pointer au bureau, sans savoir même si j'aurais ne serait-ce qu'une table, une chaise - inutile d'espérer avoir le moindre dossier, il n'y en avait guère plus, et je m'inventais chaque jour des tâches qui m'occupaient à peine quelques heures. Il m'arrivait fréquemment d'aller cuver ma dépression à l'infirmerie où je dormais tranquillement et légalement.
Internet n'existait pas encore - en fait, si, il existait déjà, mais réservé encore aux applications militaires, et c'était à peine si on avait du traitement de texte disponible. J'avais bien un ordinateur, mais chez moi, pas au bureau, et les archives de mes compositions journalistiques sont en cinq pouces un quart, enterrées quelque part dans un sous-sol de banlieue auquel je ne risque plus jamais d'avoir accès. Pourtant, j'ai dû en écrire pour évacuer de ce stress négatif qui m'a rongée pendant des mois et des mois avant le licenciement économique finalement salvateur.
Au moins, je suis sûre que je n'ai pas été licenciée pour avoir volé le temps de mon patron. Et celui-ci m'a volé de belles heures de ma carrière. Quel gâchis !
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Posté: 14h10, 9/11/2006 dans Boites de Pandore |
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Commentaires
Commentaire sans titre
| Ben....je prefere encore voler le temps de mon patron que de tomber dans la deprime totale lorsque je n'ai pas grand chose a faire....meme pas honte, tant que le boulot est fait. |
Posté par mms_hou à 15h07, 10/11/2006 |
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