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Un jour à la fois
Nouvelles d'une famille pas complètement comme les autres. Etre différents n'empêche pas d'avoir un regard sur tout.


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Comme un canard sans tête

Parfois, lorsque je cours entre les cent mille différentes tâches quotidiennes non planifiées, la panique me submerge. Elle prend la forme d'une brusque bouffée de larmes, quand ce ne sont pas des cris qui s'étranglent dans ma gorge, si il n'y a personne après qui crier (la fonction détournée des enfants, que l'on respecte si peu, puisqu'on leur fait chaque jour jouer ce rôle de réceptacles de nos hurlements incontrôlés).

Je regarde alors autour de moi et je suis horrifiée. Rendue muette devant le désordre qui semble le tableau exact de la structure de ma psyché. Je prends une grande inspiration et suis assaillie par l'odeur nauséabonde des égoûts qui remontent dans la tuyauterie défectueuse de la salle de bains. Les spécialistes sont venus il y a plus de trois semaines, comment est-ce possible ? cela me semblait hier, ils m'avaient dit "si ça ne fonctionne toujours pas, rappelez-nous la semaine prochaine", c'était donc il y a trois semaines ? J'ai un simple coup de téléphone à leur passer apparemment, mais où est leur numéro ? Ne m'ont-ils pas dit de passer par l'association et de ne pas les appeler directement ? Si oui, où ai-je mis le numéro de Gus ? Je n'ai pas envie de laisser un message téléphonique et guetter un message en retour, qui me surprendrait s'il venait, mais faut-il que j'attende que la baignoire soit soudainement envahie de terre et du reflux des toilettes pour y penser ?

On s'habitue à tout. Je m'habitue au désordre, je m'habitue aux odeurs. Chaque objet a sa place, une place qui permet de savoir où il est, mais cette place n'est pas toujours fonctionnelle. Chaque fonction est unique, mais un objet a parfois plusieurs fonctions. Faire une analyse fonctionnelle pour avoir une ergonomie efficace, est-ce vraiment une priorité quand on est débordé ?

Je dois prévenir Joanne que je ne la verrais probablement pas aujourd'hui, je ne peux pas m'imaginer faire l'aller-retour avec tout ce qu'il y a à faire avant deux heures. Je m'attrape la tête à deux mains, et j'essaye de me calmer. Son numéro de téléphone est sur la carte de visite qui est dans le présentoir qui est à ma droite, bien en vue, sauf qu'elle n'y est plus. J'ai dû oublier de la replacer la dernière fois que j'ai prévenu que je sucrais ma bouffée d'exercice quotidien. Pour peu que c'ait été il y a plus d'une semaine, dans quelle pile le petit carton s'est-il glissé ? C'est une chance que je ne vide pas mes corbeilles de papier, si jamais il y était tombé ? Est-ce que ça n'irait pas plus vite que je recherche son numéro sur l'annuaire ? Est-ce que je ne l'aurais pas noté dans mon carnet d'adresse électronique ? Certainement pas, c'eut été trop beau, et surtout ne pas allumer l'ordinateur et lancer le gestionnaire, je vais lire les vingt-cinq messages du jour, personnels, qui peuvent attendre, et auquel je ne répondrai jamais parce que j'ai attendu.

J'ai trop envie de m'asseoir et d'oublier toute cette folie, mais il va être deux heures plus tard le temps que je soupire.

Un billet se construit à partir de l'exposition de l'action ou de la série d'événements qui constitueront une histoire, une intrigue ou un souvenir. Cette exposition devrait décrire et introduire les principaux éléments, l'environnement et les personnages en jeu. Il se déroule ensuite en décrivant la nature des problèmes que les personnages rencontrent, jusqu'au climax ou le point le plus élevé de la tension, du suspense, de l'insoutenable pour le lecteur ou le narrateur finalement.

Il faut ensuite trouver la chute, celle qui va amener à la résolution, celle qui narrera comment finalement tout s'est remis en place. Parfois la tête du canard est définitivement introuvable, et il finit par s'arrêter de courir pour s'écraser misérablement dans un dernier soubresaut pathétique.

La carte de visite était dans le présentoir, peut-être derrière un papier qui y avait été placé ou déplacé entretemps, qui s'est caché de honte devant mon désespoir.


Posté: 13h51, 26/10/2006 dans Soliloques
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Commentaires


Commentaire sans titre

Course contre la montre tous les jours et plus les années s'accumulent sur nos t^tes et plus le temps se recroqueville comme peau de chagrin.

Posté par bricol-girl. à 04h14, 27/10/2006

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Commentaire sans titre

Cet article résonne en moi comme un air de déjà vu ! en ce moment c'est panique à bord. Le désordre dans mon environnement et dans la tête.
Tout comme la création même d'un article et cet insoluble question parfois : comment trouver la chute ?

ps : du mal à me reposer, il me faudrait dormir dormir dormir.
ps 2 : moi je t'aime .))

Posté par mayga à 15h59, 27/10/2006

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Commentaire sans titre

Dans ces moments-la je reve que je suis au plein milieu de la tornade ou tout est merveilleusement calme. http://orange-pressee.blogspot.com/

Posté par nathalie à 15h45, 28/10/2006

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