C'est pas le printemps mais ça bourgeonne chez le pré-ado !
Et le préado, le bourgeonnement il aime pas ça.
Oh c'est sur que lors de la première poussée d'un minuscule petit bouton de rien du tout, il s'est rengorgé tel un coq se pavanant dans sa basse cour, persuadé de détenir là le sésame vers une adultarisation imminente (c'est pas français mais j'aime bien).
Moi, stoïque, j'observe l'embryon de petit rien qui pointe sur son menton, lui conseillant de ne surtout pas tripoter le truc avec ses petits doigts.
Non pas que mon cher fils ait le mains sales, l'avantage avec un obsédé des microbes, c'est que le lavage de mains en sortant des toilettes est devenu systématique (quand ca confine pas à l'obsession).
Donc la première poussée fut un soulagement pour lui.
La deuxième lui a permit de toucher du doigt le douloureux cheminement vers sa vie d'adulte.
Ca commence par une petite rougeur.
Puis un point blanc.
Jusque là, rien de dramatique.
Je lui intime l'ordre de ne pas percer, trifouiller, je lui ai fait un visage tout beau, va pas me saloper le boulot le bougre !
Tu penses que le lendemain, la minuscule chose s'était transformé en spot énorme, suintant, bref une horreur.
Mon pauvre petit chéri s'est fait charrier au collège par des copains surement jaloux de la virilisation de mon bébé (quelle bande de sales petits ploucs qui se moquent de MON fils chéri).
La phrase qui l'a achevé : "jamais machine ne voudra te rouler une pelle avec une horreur pareille sur ta tronche"
D'abord machine, je vois pas de quel droit elle se permettrait d'enfiler sa langue dans la bouche si délicate de mon rejeton, une langue surement bourrée de microbes dégoutants, sa fichue langue elle a qu'à la tourner dans sa bouche à elle pour commencer (je m'égare).
N'empèche, devant l'étendue de la chose, j'ai dû malgré je l'avoue un dégout évident (franchement c'était vraiment affreux), essayer tant bien que mal de lui faire retrouver figure normale.
Quoique ce petit (énorme) point blanc était surement un moyen efficace pour lui de se repérer dans la nuit (chuis odieuse je sais).
Bref, j'ai fait ce que je lui avais de ne pas faire : j'ai percer le bouton !
Attention, sous milieu stérile, avec compresses, désinfectant et moults précautions !
Fiston était soulagé, sur le moment.
Parce que le lendemain c'est revenu au galop !
J'ai laissé tomber les tripatouillages et autres tortures et j'ai filé à la pharmacie acheter THE produit qui tue le bouton et fait la peau douce !
Le loustic était content de se tartiner le visage de sa nouvelle crème.
Moi même émue (je m'émeus d'un rien) de ce nouveau pas vers l'âge mur (c'était son spot qu'était mûr pour le coup).
Machine je sais pas ce qu'elle en a pensé, il semblerait que bouton ou pas, elle ne veut toujours pas mettre la langue (sainte fille).
J'ai profité de l'occasion pour faire un cours au loustic sur les changements hormonaux qu'il allait subir dans les prochains mois (la voix qui mue ça m'éclate d'avance).
Grandis pas trop vite, fiston, faut ménager ta pauv'mère surmenée ! |