Te souviens tu seulement de ma naissance ?
Te souviens tu seulement que tu m'as désirée ?
Te souviens tu seulement que j'existe ?
Je pense que oui, tu te souviens.
J'existe dans une partie de ta mémoire comme un poids, une menace sourde
Les rares fois où tu dois penser à moi, c'est avec la peur que je me manifeste.
Ne t'inquiètes pas, cela n'arrivera pas.
Je me souviens de ton indifférence.
Je me souviens quand tu m'as dit que si je te croisais dans la rue avec une dame, je ne devais pas te dire bonjour.
Je me souviens aussi de tes mains et de ta bouche.
Tu as peur ?
Tremble encore, père, c'est ma douce vengeance.
Partout où tu iras, tu auras peur que je parle.
Jusqu'à la fin de ta vie, tu auras peur que je parle.
C'est ma revanche, pour la peur que j'ai eu de toi.
Pour mon enfance que tu as salie.
Pour ma vie que tu aurais pû détruire.
Je suis plus forte que toi, père, tu ne m'as pas abattue.
Tu vieilliras seul, sans le regard de tes petits enfants.
Jamais tu ne les approcheras
Si tu essayais, tu le sais ce que je ferais.
Tu as perdu, père, j'ai construis ma vie sans toi, malgré toi.
Parfois je me dis que d'un mot je pourrais faire voler en éclat
Ta petite vie si bien rangée, si tranquille.
Je préfère que cette menace plane sur ta tête
Comme une angoisse sourde au fond de ton ventre
Tu sais alors ce qu'on ressent.
Je ne te hais plus, je ne t'aime pas, je m'en fous.
Tu n'es ni un père ni un homme.
Tu n'es rien. |