Les jours se suivent et ne se ressemblent pas.
Hier j'étais en forme, je marchais comme une personne civilisée, j'avais le sourire, le poil brillant.
Mais la veille, je me trainais péniblement d'une chaise au canapé, du canapé à mon lit.
Au niveau humeur, c'est pas le top non plus.
Limite paranoïaque, hyper émotive, des nerfs qui lachent.
Jamais contente, toujours en train de râler.
Impression d'être abandonnée, qu'on ne s'occupe pas assez de moi.
Mais dès qu'on m'approche d'un peu trop près, je sors les griffes.
Je ne supporte pas qu'on me colle, qu'on me touche, mais je supporte encore moins qu'on m'ignore.
Vachement facile à vivre pour l'entourage !
Enfin bref, toute la joie d'être surhormonée !
L'impression que les jours durent des éternités, je m'ennuie.
Mais à la limite de l'épuisement qui me fait ne rien faire.
Faut que je me bouge.
Mais je peux pas.
Quand on est limite hyper active, on a du mal à accepter de ne plus pouvoir vivre normalement.
J'ai plein de choses à faire chez moi, pas d'énergie pour m'y mettre.
Ca part en vrille.
J'ai le baby blues sauf que le baby est pas encore né !
Il parait que ça arrive.
J'essaie de faire des efforts pour ne pas me rendre trop imbuvable mais les efforts et moi on n'est pas copains et j'arrive pas à cacher mes agacements, énervements, coups de déprime.
Je m'excite comme une malade devant les infos, le petit monsieur dans la lucarne qui gesticule me stresse et m'agace au plus haut point.
Je me regarde le nombril, égocentrique, narcissique.
Je suis pas franchement sympathique.
Je couve, enragée et sauvage.
Je rentre dans ma tannière, je m'isole.
Je crois que c'est la grossesse qui m'aura le plus fragilisée psychologiquement.
Et pourtant on aurait pu penser que le pli était pris.
Je n'ai pas de carapace, tout me touche et tout m'atteint.
J'ai hate que ce soit fini et j'aurais pourtant envie que ca dure encore et encore.
On m'appelle : ambivalence.
|