Bien évidemment, la vie de la petite famille ne s'est pas arrêtée pour cause de déménagement.
Mon cher loustic a fait une crise monumentale la première semaine.
Une crise tellement forte qu'elle m'a conduite aux urgences, inquiète que j'étais et me demandant si par hasard il ne serait pas vraiment malade, enfin je veux dire une maladie qui se soigne à coup de bistouri ou de médocs.
J'avais dû aller le récupérer le lundi au collège, le personnel étant un peu inquiet de son état et lui se plaignant de vomissements répétitifs (ouais.)
Je le couche, le borde, le chouchoute, il dort toute la journée, toute la nuit, tout le lendemain matin, ne se levant que pour se nourrir (déjà quand on mange c'est que on peut survivre).
En début d'après midi, je vais le voir, il pleure et se plaint de son ventre.
Ma maman présente s'inquiète, devant la mine défaite du gamin je commence à flipper un peu.
J'embarque donc mon fiston chéri, plié en deux et blanc comme une pâte direction les urgences.
Et l'attente commença.
J'ai la chance d'être en terrain connu, ce qui m'évite les salles d'attente surpeuplées, mais je précise que je ne suis pas passée devant tout le monde.
Le médecin arrive, l'ausculte, on discute de son cas, il est septique mais par mesure de précaution on fait une radio de son bel abdomen.
Zhom mon chéri le prend en charge (euh là je suis passée devant tout le monde mais yavait personne).
RAS sur les clichés (tiens donc).
Le mome est toujours plié en deux, les larmes aux yeux, il fait pitié.
Le médecin se décide à demander une écho, histoire d'éliminer une appendicite.
Je dois donc me rendre en ville, au cabinet de radio.
Il est 16h, la minette sort de l'école dans 30 minutes, c'est chaud bouillant.
Je file à fond de train, j'ai la chance d'être en terrain plus que connu (c'est quand même mon boulot), j'explique le cas à mes collègues, leur montre l'heure, et devant mon état de stress (elles ont peur de moi hi hi hi), elles installent rapidos le gamin pour l'examen.
J'ai attendu quand même (c'est normal) que le médecin finisse avec ses patients.
Echo RAS (tu m'étonnes).
Départ sur les chapeaux de roue pour récupérer la minette sur le trottoir de l'école.
Re direction les urgences.
L'état du loustic à empiré, il geint, couine, se lamente, bref c'est un mec malade.
Prise de sang pour voir si il n'a pas une infection et mise sous perfusion d'un puissant antalgique pour le calmer.
Au bout d'une heure, aucune amélioration.
Deux heures, toujours rien.
Précisons que la dose calmerait des coliques néphrétiques.
Nous sommes perplexes avec le médecin.
Les résultats de la prise de sang tombent : tout fonctionne à merveille.
Diagnostic : énorme crise d'angoisse.
Traitement : petit cachet magique, anxiolytique !
Retour à la maison : 20 heures.
Etat de moi même : énervée.
Le lendemain, il pétait le feu.
Dans la semaine qui a suivi, il a vu sa psychologue.
Il en est ressorti qu'apparemment il souffrait de la garde alternée, il dit que je lui manque (c'est mignon), qu'il va trop à l'étude quand il est chez son papa (là je trouve qu'il exagère) il finit par me dire qu'il préfèrerait vivre chez moi et voir son papa quand il le souhaite.
Ouais.
Ca me fait plaisir c'est clair, je vais surement pas dire le contraire.
Sauf que je connais mon gamin (comme si je l'avais fait).
Nous en parlons donc avec le papa
Le loustic m'avait demandé d'être présente parce qu'il avait peur de lui dire.
J'étais pas très à l'aise, parce que je voulais pas parler à la place du gamin.
Au bout d'un long moment, il a fini par le dire.
Ca n'était pas facile à entendre pour zex, il a pris un coup.
Son papa a proposé qu'il vive chez lui et qu'il aille à l'école de sa commune.
Ca peut être une solution aussi.
Si il se sent mieux comme ça, je suis d'accord.
Mais je suis pas d'accord avec les arguments sur les heures d'étude.
J'estime qu'à son âge, il peut comprendre qu'il y a des contraintes dans la vie auxquelles on ne peut pas échapper, et que trop lui faciliter la tache ne l'aidera pas dans sa vie d'adulte.
C'est trop facile de fuir ce qui nous gêne.
Pendant la semaine qu'il a passé chez son père, il a posé pleins de questions sur les avantages qu'il aurait à vivre chez lui.
D'un coup, je lui manquais plus tant que ça.
Ce n'est pas ça qui me dérange, c'est sa faculté à retourner sa veste selon les avantages qu'il peut en retirer.
Ce qui est compréhensible de la part d'un gamin de 12 ans bien sur, mais qui me fait dire qu'il ne faut pas prendre de décision hative.
Depuis qu'il a parlé de tout ça avec nous, il n'a fait aucune nouvelle crise.
Il n'a loupé aucun cours.
Je pense que ça la soulagé.
Avec zex nous avons décidé de ne rien changer pour le moment.
D'attendre que le loustic nous en reparle, et à ce moment là de prendre une décision.
Pour ma part j'ai décidé que si il voulait partir, je le laisserais, mais uniquement si ses arguments sont valables.
De même si il veut rester avec moi.
Je sais que ce n'est pas un choix de préférence de coeur et que ça ne change rien à son amour pour nous.
Et aussi qu'il comprenne bien qu'il ne pourra pas changer d'avis toutes les 5 minutes.
Il est temps je pense qu'il apprenne à assumer ses décisions et à ne plus nous prendre pour des girouettes.
La garde alternée prend parfois ses limites, selon l'age de l'enfant, son caractère.
Le loustic est très soucieux des habitudes, des horaires, et peut être que ce système ne lui convient pas car elle chamboule trop souvent son organisation.
A nous d'être à l'écoute, et de faire en sorte de lui faciliter la vie. |