Je parlais dans l'article précédent de mes difficultés à habiller la minette.
Ce qui peut preter à sourire effectivement mais qui est une réalité bien difficile à gérer au quotidien.
Le poids de Mathilde est un réel problème.
Non pas que je sois obnubilée par la minceur, je pense qu'on peut etre un peu enrobée et néammoins être une femme magnifique, tant qu'on est bien dans sa peau, c'est essentiel.
Je n'ai jamais fait de régime, j'aime beaucoup trop les bonnes choses pour me priver.
J'ai la chance d'avoir une morphologie fine.
Chance car on se rend bien compte en feuilletant les magazines, en regardant la télévision, que le moindre soupçon de graisse est une injure aux nouveaux critères esthétiques !
On oublie souvent qu'à un moment donné, ce sont les formes généreuses qui étaient à la mode.
Pour ma part, je trouve qu'une femme avec des formes apparait beaucoup plus appétissante (passez moi l'expression).
Il est vrai que je ne suis pas un homme aussi !
Ce n'est donc que mon opinion.
Mais revenons à ma préoccupation : Mathilde.
Elle a été un beau bébé, bien dodu, de ces bébés dont les gens disent qu'ils profitent bien.
Rien d'affolant, juste un bébé avec des bonnes cuisses qu'on a envie de croquer.
Puis le bébé est devenu une enfant aux joues replètes, toujours à croquer.
Quand elle a eu six ans, je me suis inquiètée de son leger surpoid.
J'en ai parlé au médecin qui m'a rassurée en me disant qu'elle allait grandir.
Je surveillais sa consommation de nourriture mais sans tomber dans l'excès.
Lors de notre séparation, zex s'est empressé d'aller voir un médecin qui aurait décrété que la minette faisait des crises de boulimie en réaction à notre divorce.
J'ai empoigné le téléphone et dit à ce docteur ma façon de penser.
J'estime qu'il est dangereux de parler de boulimie ou d'anorexie devant une enfant de 7 ans, sachant les ravages de ces maladies.
Le médecin m'a assuré n'avoir jamais tenu de tels propos et que Mathilde si effectivement était en surpoid allait finir par grandir et s'affiner.
Zex estime que la puce doit voir un psychologue pour régler ce souci, je me plie même si j'ai des doutes, il doit prendre le rendez-vous.
La courbe de poids s'est envolé de façon alarmante ces derniers mois.
J'ai emmené Mathilde chez une diététicienne, je ne suis pas très calée en diététique et je voulais un avis et des conseils pour élaborer des repas équilibré.
Il a été clair et net dès le départ qu'il était hors de question de faire un régime !
Je m'y oppose, ma fille n'a que 9 ans, si on commence l'engrenage régime maintenant, autant se dire qu'à l'adolescence on versera dans l'anorexie à coup sur.
De plus, je veux que Mathilde s'accepte telle qu'elle est, c'est à dire comme une enfant qui certes à des rondeurs mais qui est magnifique et a en outre un charme terrible.
La diététicienne m'a assuré qu'elle était en limite supérieure à la normale, qu'il ne fallait pas qu'elle grossisse en attendant une poussée de croissance.
Nous avons équilibré les repas, elle m'a donné des fiches types.
Le problème qui se pose, c'est que le papa n'est pas très enclin à se plier à ces menus types.
Il pense qu'un écart de temps en temps ne pose pas de problème et que ce n'est pas parce que Mathilde prend un petit pain au petit déjeuner qu'elle va grossir.
Seulement si.
Malheureusement, notre fille profite de chaque bouchée !
Il est évident qu'il n'est pas question de la privée de petits plaisirs tels qu'un bonbon de temps en temps ou un verre de soda exceptionnellement.
Mais il nous faut absolument faire attention pour elle.
Si vous voyiez le regard qu'elle a sur elle, ça me fend le coeur.
J'ai beau lui dire qu'elle est belle, je vois bien, je suis une femme, je connais ce regard sans pitié que l'on peut poser sur soi même devant une glace.
Et les essayages au magasin sont une torture pour elle comme pour moi.
Parce que ça m'énèrve maintenant qu'elle ne fasse pas plus d'effort.
Elle a pris deux kilos pendant son séjour en Tunisie
Deux kilos c'est énorme pour elle.
Nous en avons parlé toutes les deux, elle m'a dit qu'elle avait été trop tentée par toutes les patisseries.
Je lui ai dit que je comprenais mais qu'il fallait qu'elle se rende compte aussi que c'était pour sa santé qu'elle fasse un peu plus attention.
Elle s'essouffle vite, a du mal à se bouger.
J'ai eu son père au téléphone, nous en avons parlé.
Il a reconnu qu'elle avait fortement abusée lors des vacances et qu'il n'avait pas eu le coeur de lui demander de faire attention.
Je peux comprendre, mais je lui ai quand même dit que dorénavant il fallait absolument rétablir l'équilibre alimentaire que la diététicienne préconise.
Je lui ai dit aussi que la puce prend un kilo à chaque semaine chez lui, qu'elle reperd chez moi.
Ce régime yoyo est vraiment nocif pour elle.
Il a dit qu'il allait faire attention. Mais m'a répété que c'était psychologique (donc de ma faute).
Le but étant que la minette stabilise son poids et qu'elle fasse une bonne poussée de croissance.
C'est très dur pour moi de surveiller comme ça la balance, je ne veux surtout pas que ma fille pense que je la trouve grosse et qu'elle se dévalorise.
D'ailleurs moi à la rigueur je m'en fiche qu'elle soit ronde, simplement à l'école c'est aussi très dur car les enfants se moquent d'elle.
Je ne veux pas qu'elle soit mise à l'écart et en même temps ça m'énèrve qu'on juge les gens sur leur apparence physique.
Je me rend compte aussi que je deviens obsédée par ce qu'elle mange, que je surveille chaque bouchée qu'elle met dans la bouche.
Est ce que je deviens une mère qui ne se préoccupe que du poids de sa fille ?
A force d'entendre que Mathilde a un problème de comportement boulimique, je focalise complètement sur elle à table.
Dans ma tête en face de moi, j'ai toujours mon bébé dodu que j'ai envie de croquer.
Dans la réalité en face de moi j'ai une gamine qui déteste son corps, qui a de la poitrine parce qu'elle a trop de graisse, qui ne peut pas fermer un seul pantalon et qui a besoin de mon aide.
Je suis désemparée face à ça.
Parce que je ne sais pas comment je dois réagir.
Je suis consciente que de mon comportement dépend l'équilibre de ma fille.
Je suis consciente que c'est un problème, mais que je ne dois surtout pas tomber dans l'excès.
C'est extrèmement difficile.
J'avoue que là, je ne sais plus quoi faire.
Pas évident du tout.
Punaise que c'est dur d'être parent !
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