Elle s'appelle Elisabeth.
Elle est belle, elle est seule.
Désespérement seule.
Elle est surement folle.
Elle est migraineuse, depressive, anorexique, égocentrique.
Elle s'appelle Elisabeth.
Elle aime les poètes, les fous.
Elle sculpte son corps à coups de galops effrenés, de gymnastique et de régimes inconscients.
Elle aime les voyages en bateau, quand le vent se lève et s'accroche au mat. Elle attend la vague qui l'emportera.
Elle est moderne dans un monde qui tarde à le devenir.
Elle règne sur les coeurs, mais le sien saigne.
Elle est l'animal sauvage que l'on met en cage et qui se laisse mourir.
Elle croyait épouser un homme, elle a épouser un pays.
Elle enterre ses enfants dans la crypte des capucins.
Elle s'éteint sur un quai de Genève.
Elle s'appelle Elisabeth, elle est Impératrice, Reine.
Elle n'est qu'une femme.
Elle n'est pas la jeune fille incarnée par une Romy naive.
Elle est la femme blessée, meurtrie, prisonnière de ses tourments que la même Romy fut à la fin de sa vie.
Elle est Titania, La Mouette, la mater dolorosa.
Elle me passionne, je la découvre depuis de nombreuses années.
Elle s'appelle juste Elisabeth, pas Sissi.
 
AUX ÂMES DU FUTUR
Je chemine solitaire sur cette Terre,
Depuis longtemps détachée du plaisir, de la vie;
Nul compagnon ne partage le secret de mon coeur
Jamais aucune âme n'a su me comprendre.
Je fuis le monde et toutes ses joies
Je suis bien loin aujourd'hui des humains;
Leur bonheur et leur peine me restent étrangers;
Je chemine solitaire, comme sur une autre planète.
Et mon âme est pleine à éclater,
Les songes muets ne lui suffisent plus;
Ce qui l'émeut, elle doit le mettre en chants
Et ce sont eux que je couche dans ce livre.
Lui, il les gardera fìdèlement et à jamais des âmes qui aujourd'hui ne les comprennent pas
Jusqu'à ce qu'un jour, après de longues années agitées, ces chants renaissent et refleurissent.
Oh, puissent-ils alors, comme le voulait le maître, vous consoler, vous qui pleurez et gémissez
Pour ceux qui tombèrent au combat de la liberté,
Pour ceux dont la tête porte la couronne du martyre!
Ô vous, chères âmes de ces temps lointains,
Auxquelles s'adresse aujourd'hui mon âme,
Bien souvent elle vous accompagnera,
Et vous la ferez vivre grâce à mes poèmes. |