Je pense à toi souvent tu sais.
Quand j'essaie de faire pousser des fleurs je me dis que toi tu aurais pû me donner des conseils, tu avais la main verte.
Quand zhom a commencé son jardin, j'ai regretté que tu ne puisses pas venir l'aider, partager ton savoir avec lui.
Quand je vois une araignée qui se ballade dans la maison, que je me refuse à l'écraser parce que tu n'aimais pas ça, que tu disais qu'il fallait les laisser vivre, qu'elles étaient utiles.
Quand je vois ce vieux monsieur avec sa casquette qui se promène sur la route, qu'à chaque fois mon coeur s'emballe car il te ressemble.
Quand je regarde mes enfants et que je réalise que tu n'en as connu qu'un, je me rappelle le jour de sa naissance, la fierté dans tes yeux, cette tendresse dans tes gestes.
Tu m'as dit que tu avais réussi ta vie, toi qui étais un enfant de l'Assistance, tu avais fondé une famille, tu en étais la première pierre et ce petit qui venait au monde, c'était ton éternité.
Quand je me rappelle la petite fille que j'étais, je te suivais dans la basse cour, tu me protégeais du coq qui voulait me sauter dessus (il était bon mais un peu dur !).
Quand tu m'expliquais l'anatomie du lapin que tu venais de tuer avec tellement de respect.
Quand je sens l'odeur du tabac froid, cellede la clope que tu fumais en douce, en croyant que nous ne savions pas.
Quand tu essayais de raconter une histoire drôle et que tu ne finissais jamais parce que tu riais tellement.
Je me rappelle de la dernière fois où je t'ai vu, tu aimais la robe que je portais, je l'ai remise en ton honneur pour ton dernier voyage.
Tu me manques souvent. Tu me manques beaucoup.
Je sais que tu me protèges là où tu es, je l'ai senti à chaque fois que ma vie me faisait souffrir.
Il nous reste tous ces bons moments, ces souvenirs merveilleux.
Mon pépé, tu es parti il y a 10 ans déjà.
Merci pour tous ces souvenirs que tu m'as laissé.
Je t'aime.
Il fut un homme simple et bon.
Il a été elevé dans une ferme, enfant de l'assistance publique, dormant dans une étable.
Il est entré dans la résistance, a fait sa guerre, et ne s'en est jamais vanté.
Il a fondé une famille, cultivé son jardin.
Il conduisait des trains.
Il a regardé avec tendresse et bienveillance grandir ses petits enfants.
Il pleurait quand il parlait de cette maman qui l'avait abandonné.
Il est le pilier de notre famille, celui par qui tout a commencé.
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