Parfois surement il est bon de se retourner sur son passé, de se poser juste un instant et de faire le point.
Simplement pour reconnaitre ses propres erreurs, les analyser et ensuite pouvoir continuer d'avancer.
Il n'y a rien à regretter de nos choix passés, ils nous ont amenés là où on en est.
Si nous n'avions pas pris certaines routes, serions nous les mêmes personnes ?
Je ne pense pas, ce sont nos erreurs, nos doutes, nos failles qui nous construisent.
La personne que j'étais à 20-30 ans n'est certainement pas la même que je suis maintenant.
J'avais l'arrogance de la jeunesse, persuadée que ma vie serait une ligne bien droite, bien écrite.
J'étais sure de faire mieux que tout le monde, sure de mes opinions, ne permettant pas aux autres d'en avoir une autre puisque la mienne était forcément la meilleure.
J'avais forgé autour de moi une carapace, nul ne pouvait m'atteindre.
J'aimais les gens mais de loin, je refusais toute souffrance, toute implication émotionnelle trop forte.
Egoiste jusqu'au bout des ongles, mais terriblement malheureuse.
J'ai étouffé ma personnalité pour devenir une espèce de monstre en apparence insensible.
Je me comportais comme j'avais décidé que je devais le faire, pour aller dans le chemin que j'estimais le meilleur.
Et moi intérieurement je crevais à petit feu.
Ma petite vie bien réglée, ma petite famille bien ordonnée, bien dans les normes.
Le personnage que j'étais, je ne l'aimais pas beaucoup.
Et d'ailleurs qui aurait pû l'aimer ?
Je n'autorisais personne à m'approcher de trop près, de peur de souffrir.
Et puis, j'ai connu mon Amour.
Il m'a regardé au plus profond de moi, au delà de mes apparences.
Il m'a compris comme personne d'autre n'avait su le faire.
Il m'a accepté avec mes défauts, s'amusant de mes imperfections.
Nous avons connu bien des peines ensembles.
J'ai déposé les armes à ses pieds.
Parce que je l'aime tellement que je ne peux plus me cacher derrière mon armure.
J'ai laissé tomber les barrières qui me protégeaient.
J'ai appris à pleurer, j'ai accepté de souffrir.
Et la transformation a été radicale.
Je suis devenue humaine.
Je goute maintenant aux joies simples de la vie.
J'ai ravalé mon arrogance et ouvert mon esprit et mon coeur.
Je n'ai plus rien à voir avec la jeune fille d'il y a 15 ans.
J'ai appris que la vie n'était pas une longue ligne droite toute tracée, qu'il y a des chemins de traverses, qu'elle est d'ailleurs beaucoup plus savoureuse comme ça.
Je ne dis pas "toujours", mais je l'espère de tout mon coeur.
Et je m'efforce tout le temps de ne plus juger la vie des autres.
Je suis une meilleure personne parce que j'ai accepté de ne pas être La Meilleure.
Et en acceptant d'avoir de la peine, j'ai appris ce qu'était le bonheur, la tendresse et l'amour.
Les larmes que j'ai laissé coulé ont adouci mon coeur et mon âme.
J'ai donné mon coeur à un homme et il l'a sublimé. |