Je souhaite revenir ici sur une information dont j'ai pris connaissance hier sur le blog de delphine94, information qui m'a interpellé et dont j'ai entendu parler à la radio ce matin.
Il y a deux mois, aux Etats-Unis des médecins ont fait naître une petite fille à 21 semaines de gestation. Elle ne pesait alors que 280grammes. Elle est sortie hier de l'hopital, elle a deux mois et pèse deux kilos.
Alors bien sûr, c'est un miracle en soi que la petite fille soit vivante à ce jour.
Mais ce que l'histoire ne dit pas encore, c'est dans quel état de santé elle se trouve réellement et quelle avenir s'ouvre devant elle.
Un medecin obstetricien était interviewé ce matin et expliquait qu'en France, lorsqu'un enfant naît à ce terme, on explique aux parents qu'il n'y aura aucun acharnement thérapeutique pour faire suvivre l'enfant étant donné les séquelles irréversibles qu'une naissance si précoce engendre forcément, quand il ne s'agit pas tout simplement de mort après quelques semaines voir quelques mois de vie.
Je souhaite pour cette pette fille une vie normale et en pleine santé, mais à l'heure actuelle je doute de la possibilité de concrétisation d'un tel souhait.
Cette histoire me touche, vous l'aurez compris pour celles et ceux qui me lisent depuis un moment. Ma fille, mon bébé-ange, on l'a fait naître à 27 semaines, parce qu'elle ne pouvait plus rester dans mon ventre sans mettre ma vie et la sienne en péril. Avant la date fatidique, les médecins nous ont expliqué que d'après les données de l'échographie, notre bébé ne pesait que 400grammes et qu'en général ils n'acceptaient de prendre en charge les bébés en service de réanimation pour les très grands prématurés dès lors qu'ils pesaient 500 grammes...notre bébé était donc trop petit...Biensûr cela nous a révolté, horrifié (je ne trouve pas les termes adéquats pour exprimer ce que j'ai ressenti à l'exposé de ce sinistre tableau)...les médecins nous ont alors présenté et commenté la liste des séquelles plus que prévisibles pour notre bébé et les pourcentages qui vont avec...
Cela nous a évidemment posé question, moi tout ce que je voulais c'est que mon bébé vive, pouvoir le tenir dans mes bras. Mais vivre ça veut dire pouvoir le regarder grandir, évoluer, prendre de l'indépendance, vivre tout simplement. L'avenir qu'on proposait alors à notre bébé et par voie de conséquences à nous ses parents, ce n'était pas tout simplement vivre.
Alors, Léonore est née et s'en est allée...sans que nous essayons de rien faire pour la faire survivre à un destin qui nous paraissait trop noir pour elle et je dois l'avouer, pour nous également.
Biensûr, les "et si nous avions-fait autrement" ont longtemps hanté mon esprit...mais depuis je sais que nous avons eu raison. Biensûr, certains ne partageront pas mon avis, chacun fait ce qu'il pense être le mieux et en accord avec ses valeurs.
L'histoire de cette petite fille fait écho en moi, je lui souhaite une belle vie même si cette éventualité me ramènera à cette éternelle question : "et si nous avions fait la même chose pour Léonore, serait-elle parmi nous aujourd'hui? Pourrait-elle jouer et grandir comme les petites filles de son âge".
Le 26 juin 2007 nous "fêterons" les 4 ans de son passage sur Terre.
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