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Certes, je ne vais rebondir sur l'actualité brulante mais j'ai evnie d'en parler, car ce sujet là malheureusement il n'a pas d'actualité, on le trouve quelles que soient les périodes ou les modes.
ce sujet là s'appelle l'anorexie.
Je ré-entendais l'autre jour cette histoire sur ce mannequin, dont je ne me rappelle plus la nationalité, qui est décédée d'anorexie il y a quelques mois.
Visez plutôt, elle mesurait 1m78 pour 46 kilos...ça se passe de commentaires...
Et bien moi ces histoires là, en tant qu'ancienne anorexique, ça me fait froid dans le dos. Et je ne trouve pas si bête la décision de l'espagne d'interdire de podiums les mannequins qui n'affichent pas un minimum requis sur la balance, le minimum en question étant fixé à 52 kilos pour 1m78...c'est tout de même 6 kilos de plus que feu top-model...
Parce que quand on est anorexique, et je parle en connaissance de cause l'ayant été moi-même pendant 3-4 ans et ben on ne se voit pas telle que l'on est. moi le reflet dumiroir me renvoyait toujours la même image, occultant les os qui peu peu devenaient de plus en plus saillants, les paumettes qui se décharnaient, et la silhouette qui ne ressemblait plus à rien. et moins je ressemblais à quelquechose, plus je refusais de m'alimenter.Comme si l'absence de nouriture allait changer quelquechose à mon problème.
Certes je suis tombé "dedans" comme ça, on ne sait comment d'ailleurs, je n'avais pas pris pour modele une de ces mannequins informes. je n'ai toujours pas de réelles explications à mon echouage en anorexie. l'important c'est que j'en sois sortie et bien sortie... au pire de la crise, j'ai frôlé l'hospitalisation, j'avais 15-16 ans, je mesurais 1m60 et je pesais 38 kilos.
Lorsque quelques années plus tard, je suis tombée sur une photo de plage prise cette année là, je suis allée directement vomir. Je n'ai pas supporté cette image de moi dont jamais jamais je n'avais pris conscience.
Il a fallu un éléctrochoc, mon père un jour qui me regarde et me dise "là, ma fille tu es vraiment moche, vraiment trop maigre". Ce regard paternel empreint de tristesse et aussi de mépris vis à vis de cette fille qu'il ne reconnaissait plus, de cette fille qui se laissait mourir sans même s'en rendre compte; ce regard là je ne l'oublierai jamais. C'est à partir de là que j'ai commencé à redresser la tête.
s'en est suivi des mois de souffrance où avaler la moindre bouchée de pain en plus qu'habituellement était un véritable exploit en même temps qu'un vrai clavaire. Et puis ces parents qui ne savent plus comment agir, comment me prendre, comment faire avec moi et la nourriture.
L'anorexie est vicieuse, car il est vrai qu'en général, le manque ou l'absence de nourriture fait que paradoxalement nous nous sentons pleins d'une énergie jusque là inconnue. C'est une période où je faisais beaucoup de sport, où j'excellais en cours. Je me sentais vivre alors que je me faisais mourir. Comme si à l'heure de notre mort, on ressentait la vie en nous plus fort que jamais. C'est vicieux et cruel.
Tout ça pour dire quoi?
que ce n'est pas une vie
que refuser de manger, c'est refuser de prendre du plaisir et cela dans tous les domaines de la vie
que j'ai refusé d'être pour le restant de mes jours une "ancienne anorexique"
mais que ces jours ci
quand mon rythme de vie
fait que la balance affiche
un chiffre qui commence par 4
et bien ça me rappelle de bien mauvais souvenirs
des souvenirs que j'interdis de se rappeler à moi!
vive le bien vivre et le bien manger!
moralité : ce soir c'est la Chandeleur, vivent les crêpes!
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